Categorie: Histoire du Golf


L’Augusta National Golf Club

Quand les trous d’un parcours ne portent pas le nom de « trou du diable », de « fantômes perdus », ou de « sommet inaccessible », on pourrait croire qu’il sera plus hospitalier que les étendues désolées d’Ecosse ou du Pays de Galles. Et quand on leur donne des noms aussi poétiques que « le cornouiller rose », « le jasmin jaune », « la campanule dorée », « le sapin chinois » ou « le pêcher en fleurs », on est persuadé de respirer dans un Eden hospitalier, en forme de souriant parcours de golf.

Augusta est bien un lieu idyllique, où il vaut mieux être pas trop bon golfeur que champion, si l’on veut y réussir mieux qu’à l’habitude. Un joueur moyen y jouera en général bien en dessous de son handicap, ce qui démontre bien la réussite des intentions de ses créateurs, qui voulaient en faire un parcours difficile pour le grand joueur, mais facile pour les golfeurs du dimanche.

A l’origine, il n’y avait pas plus de 25 bunkers, il en est aujourd’hui une cinquantaine, les fairways sont larges, au point que l’on cherchera souvent la présence d’un rough, et les greens sont très vastes. De plus, la qualité de l’herbe et de l’entretien sont tels que la balle y est toujours bien portée, à moins de se trouver dans « divot » non remis en place, mais c’est un crime à Augusta d’être aussi négligent !!

Au commencement était Robert Tyre Jones dit « Bobby » Jones, qui domina avec insolence et génie la scène du golf de 1922 à 1930 (cf biographie). Ayant gagné tout ce qu’un grand joueur pouvait gagner, il prit sa retraite au sommet de son art.

Mais il n’abandonne pas le golf pour autant. Un ami banquier de New York, Clifford Roberts, attire son attention sur une propriété de 150 hectares à Augusta, non loin de sa ville natale d’Atlanta. C’est la première pépinière du Sud des Etats-Unis, « Fruitlands Nursery », dont la situation économique est assez catastrophique. A un prix défiant toute concurrence, les deux amis achètent la propriété, et engagent le grand architecte Alister MacKenzie, auteur notamment de Cypress Point, pour dessiner un parcours de 18 trous.

Augusta National sera un parcours de championnat. Le premier golf prévu pour les championnats : non seulement pour les joueurs mais aussi pour le public. A cet effet, des points d’observation, des « gradins naturels » ont été disposés le long des fairways, et autour des greens, afin de faciliter la vue, et la compréhension du jeu. Voici donc l’ancêtre des « stadiums golfs », conçus pour le jeu et le spectacle et dont le Golf National sera le premier exemple en Europe Continentale, après que St Mellion ait été le premier en Grande-Bretagne.

Bobby Jones, fin connaisseur des choses du golf, des renversements de situation dans un grand championnat, établit comme principe que la plus mauvaise façon de suivre un tournoi étant de suivre un groupe de joueurs pendant 18 trous, mieux vaut permettre aux spectateurs de les attendre tous au coin d’un bois, en quelque lieu statégique, où vont être joués les coups décisifs, et vraisemblablement l’issue du tournoi.

Notamment, des buttes permettront aux spectateurs de dominer le green du 15, et le 16 (par 3) dans son intégralité. C’est au 15 que Gene Sarazen signa son historique albatros en 1935, c’est au 16, en 1962 que Arnold Palmer rentra un chip pour aller ensuite gagner le Masters en play-off, c’est au 16 que Nicklaus gagna son premier Masters en 1963. En 1986, le vieil Ours blond signa un eagle au 16, couronnant une charge fabuleuse, qui fait partie maintenant de la grande histoire du golf tout court.

 

Saint Andrews

Dés l’origine en Ecosse, même si plus tôt dans l’histoire ce jeu avait effectivement été pratiqué par toutes les couches de la population, le golf fut un art de vivre pour des personnages initiés, du plus haut niveau social. En fait, la pratique du jeu était, elle, assez largement répandue parmi les habitants de la côte Est de l’Ecosse.

Depuis toujours, la plupart des parcours furent publics en ces lieux, et réellement ouverts à tous puisque aucune barrière ne les cernait. Bien souvent même, on y pénétrait par n’importe quel côté et l’on se croisait joueusement d’un trou à l’autre, sans souci réel d’ordre.

Les gentlemen Golfers de St Andrews, pas encore constitués sous le sigle du Royal & Ancient puisque cette appellation leur sera accordée en 1834 par le roi Guillaume IV, tinrent tous leurs meeting, deux fois par mois, à l’auberge de Ballie Glass. Ce n’est que vers 1850 que fut construit et aménagé l’actuel clubhouse qui se dresse maintenant devant le départ du trou numéro 1 de l’Old Course.

A St Andrews, dés 1780, fut édicté un règlement décrivant l’uniforme des membres du club. Il consistait essentiellement en une veste rouge avec des boutons jaunes. En cas de mauvais temps, on portait également une casquette rouge. C’était la couleur la plus vive qui puisse se détacher sur le vert des parcours et permettait de repérer de loin un joueur.

L’Old Course de St Andrews restera à tout jamais le célèbre parcours du monde. C’est un golf public pouvant accueillir n’importe quel golfeur quel que soit son club ou son pays d’origine. Il semblerait que le premier joueur ait inauguré le parcours en 1552.

Saint Andrews est aussi un lieu historique puisque c’est en 1754 qu’y furent élaborées les premières règles ( cf les Règles de Golf). On y joua le premier Open en 1873.

C’est un parcours exceptionnel où la nature façonna les links à son idée. L’homme n’avait plus qu’à rajouter les bunkers et entretenir le parcours autour des trous .

L’une des particularités de ce magnifique golf est que 14 que des 18 trous se partagent les greens et les fairways. Seuls les trous 1, 9, 17 et 18 possèdent leur propre green. Le parcours d’une longueur de 6400 mètres, est composé de nombreuses bosses, vallons, descentes et montées. Le golfeur qui veut se battre efficacement contre le parcours doit tenir compte du vent qui est facteur important, comme sur tous les parcours de la côte est écossaise.

DINARD :

« Dinard est aussi près de Londres que la plupart des terrains de golf en Ecosse et la dépense est beaucoup plus modeste ». Cette petite phrase anodine relevée dans une édition du « Saturday Review », montre si besoin était, l’attirance qu’avaient les Anglais, pour nos côtes françaises.

A l’esception de Mandelieu, Pau, Biarritz et Dinard ont tous été créés par les sujets de sa gracieuse majesté. Le gros des dirigeants-fondateurs de Dinard était formé par d’anciens officiers de l’Armée des Indes.

C’est vers 1860, sous le Second Empire, que les Anglais découvrent le climat tempéré de nos côtes bretonnes, propices à de délicieux bains de mer. Dinard ne tarde pas à être surnommé la « Monaco du nord ». Trente ans plus tard en 1890, s’ouvrira le troisième parcours de golf de l’hexagone, le golf de Dinard, installé sur la commune de St Briac, après des essais infructueux à St Lunaire.

Le clubhouse a bien évolué depuis les débuts du golf. Son architecture est directement inspirée des années 30. L’ancien clubhouse, aux armatures en bois, illustré par certaines cartes postales de l’époque, fut probablement détruit vers les années 1925-28.

Dinard appartient désormais à la Société Bretonne de Distribution. L’avenir de ce parcours centenaire reste prometteur. Sur ces terres chères à son cœur de malouin, Chateaubriand aimait écrire :  « je suis allé bien loin admirer les scènes de la nature, j’aurais pu me contenter de celles que m’offrait mon pays natal ».

PAU :

Aussi curieux que cela puisse paraître, Pau, premier golf du continent à fêter son centenaire en 1956, n’était pas protégé par aucune loi. Situé sur la commune de Billière, en pleine agglomération paloise, il aurait pu tomber sous la coupe d’un promoteur peu scrupuleux. Voici 3 ans, le site a été protégé. Le golf de Pau ne tombera plus par inadvertance. Son tracé initial comportait 9 trous, vite agrandis à 18 trous. Des 18 trous longés par le Gave, seuls le trou n°1 et peut-être une partie du 2 sont restés d’origine.

Au départ du 1, un bloc de rocher sert de support à une grande plaque gravée. Le joueur figurant sur cette plaque est anglais. Un héros de la fin du siècle dernier contacté par des joueurs hivernant dans la région :

Joseph Lloyd, professeur au golf de Pau pendant une vingtaine d’années, remporta l’Open des Etats-Unis en 1897. L’aventure de Joe Lloyd passa totalement inaperçue. Les dirigeants de Pau regrettent de ne pas avoir mis plus en évidence  ce joueur d’exception natif de Hoylake.

Le clubhouse a conservé son architecture d’origine et son caractère typiquement anglais. Avec le golf de Biarritz, de trente deux ans son cadet, il entretient les meilleurs rapports. Depuis l’an dernier, ses dirigeants ont eu la bonne idée de faire revivre la Lord Kilmaine Cup, rencontre interclub datant de 1899.

BIARRITZ :

Concentrant toutes ses forces, Biarritz réussit à conserver cette coupe prestigieuse que l’on peut voir au clubhouse. C’était la dix-septième fois que les Biarrots remportaient la Lord Kilmaine Cup. Pau n’y a triomphé que quatorze fois.

Tout aussi prestigieuse et ancienne, la Biarritz Cup s’est jouée malgré de nombreuses interruptions depuis 1899. On y trouve un certain Olazabal parmi les vainqueurs, venu en voisin de Fontarrabie.

Les premiers caddies débarquèrent en 1895. Ils portaient les sacs et aidaient les femmes à remonter le trou de la falaise au dénivelé important. Ces petits gosses qui ne gagnaient que 25 centimes pour 18 trous s’arrangeaient alors parfois pour faire rentrer la balle de leur client et les prévenaient pour leur faire comprendre que quelquechose d’inouï venait d’arriver ! Le pourboire suivait généralement.

Gérés par la municipalité de Biarritz, les 18 trous tiennent aujourd’hui dans un mouchoir de poche. Du dessin de Colt, l’architecte anglais consulté en 1920, il ne reste plus grand chose, si ce n’est le 17 qui n’a pas été remanié. Un parking a remplacé le départ du trou de la falaise, et un splendide VVF trône au milieu de la Chambre d’Amour.

En revanche, la Villa de Fourvière, acquise par le golf en 1895, est restée intacte. Le corps central de son bâtiment abrite toujours les bureaux et les vestiaires du club à cheval sur les deux communes : le secrétariat est sur la commune d’Anglet, tandis que le hangar à chariot est sur Biarritz. Quelques mètres séparent seulement ces deux endroits …

MANDELIEU :

Le grand duc Michel de Russie vivait à Cannes à la villa Kasbeck avec sa femme, la comtesse de Torby. Lors d’une chasse en Ecosse, le grand duc découvrit les plaisirs du golf à St Andrews. Avec ses amis anglais de la Riviera, il décida de créer un golf à Cannes et s’enquit d’un terrain à la Napoule jadis occupé par les moines des îles de Lérins. Le golf fut inauguré en grande pompe en 1891.

Egalement dessiné par Colt, l’architecte de Biarritz mais aussi de Pine Valley, aux USA, le golf de Mandelieu séduisit la colonie britannique par la douceur de son tracé. Relativement éloigné de la ville (7km), la Société des Chemins de Fer Français ne fut pas longue à prendre une grande décision. Le 18 Février 1893, le Paris-Lyon-Marseille s’arrêterait dorénavant à la Napoule. Le golf n’était plus désormais qu’à quelques galops de la gare.

Du tracé actuel, seuls quelques trous (5,7 et 10 au 13) n’ont pas changé. Leur revêtement a été modifié lorsqu’il fut décidé que le golf de Mandelieu resterait ouvert toute l’année. Autrefois on y jouait en hiver, du mois de Novembre à Pâques. Le clubouse ainsi que « la Geisha », cette petite maison située entre les trous 14 et 15 et qui servait de nursery aux enfants du duc, sont restés comme aux premiers jours de 1891.

Un splendide pin parasol gardant l’entrée du club et abritant la terrasse du restaurant doit sa vie au courage d’un membre pendant la guerre. Ce dernier en effet n’avait pas hésité à s’interposer au Colonel allemand qui avait tout simplement décidé de raser les pins parasols du golf de façon à disposer d’une bonne ligne de feu vers la plage en cas de débarquement des troupes alliées.

 

L’HISTOIRE DE LA BALLE DE GOLF

Les premiers équipements des jeux de bâton et de balle étaient à l’origine en bois et, à partir du début des années 1600, la balle importée des Pays-Bas, qui connut ensuite de nombreuses améliorations, ressemblait à  une petite bourse de cuir ronde, remplie de diverses matières. C’est à cette balle que le golf devait être associé, du XVIIème jusqu’au milieu du XIXème siècle.

La fabrication de la balle en cuir exigeait des pièces, spécialement taillées, en peau de taureau tannée ou de tout autre cuir très résistant. Elles étaient coupées en trois ou quatre bandes ou lobes, cousus ensemble puis retournés, une petite fente étant prévue pour remplir la balle. A  l’époque, certaines offraient des finitions grossières, car elles contenaient souvent du poil, de la laine ou du gros fil.

Vers 1630, la bourse de cuir était presque exclusivement rembourrée avec des plumes de canard ou d’oie. Ces dernières étaient bouillies afin de les ramollir et les rétrécir, avant de les insérer dans la peau de cuir trempée au préalable dans de l’eau additionnée d’alun. Les plumes étaient ensuite fourrées dans l’enveloppe étroitement cousue avec un fil à peine visible. En séchant, elle se rétractait alors que les plumes prenaient du volume. La régularité de la balle dépendait de l’habileté du tanneur et de la façon dont on insérait les plumes dans la peau.

La fabrication d’une balle en plume requérait beaucoup de temps et de patience, et l’artisan ne pouvait en produire que quatre à cinq  par jour, l’équivalent d’un revenu d’environ quatre shillings la pièce.

Les joueurs préféraient bien sûr utiliser des balles neuves et dures, et il est attesté que certaines ont parcouru jusqu’à 320 mètres. Cependant, elles résistaient mal à l’humidité ; les plumes qui absorbaient l’eau alourdissaient la balle, réduisant ainsi ses performances. Pour les joueurs les moins compétents, un seul coup tapé avec la lame d’un fer suffisait à en faire éclater les coutures.

La balle en plume fut par la suite concurrencée par celle en gutta-percha(une substance laiteuse dérivée du latex de caoutchouc indien et malais) qui finit par la supplanter définitivement.

En 1845, le révérend Docteur Paterson eut l’idée de fabriquer une balle en gutta-percha, trouvée dans le carton d’emballage d’un colis provenant d’Orient.

Dès le début des années 1840, les substances en caoutchouc, importées sous forme de rubans, avaient été testées en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis pour usage industriel. Cette nouvelle expérience incita le Docteur Paterson à déposer un brevet pour la fabrication d’une balle de golf. Une fois le brevet déposé, d’autres personnes revendiquèrent l’invention et aujourd’hui encore, l’identification du fabricant de la première balle en gutta-percha soulève de nombreuses polémiques. Quelle qu’en soit l’origine, cette balle s’implanta peu à peu sur le marché et vers 1848, on l’utilisait sur un certain nombre de parcours.

Les premiers essais déroutèrent quelque peu les utilisateurs car la balle semblait assez incontrôlable, et nul ne s’était encore rendu compte qu’il fallait qu’elle se fasse avant d’obtenir les résultats souhaités.

Le problème fut résolu quand on comprit que la balle était trop molle. On découvrit qu’en martelant sa surface, elle serait alors beaucoup plus facile à contrôler. Les spécimens en gutta-percha, ainsi traités, se firent connaître sous le nom de <martelés à la main>, notamment lorsqu’on voulait lui donner un effet.

La balle en gutta- percha  fut cependant momentanément concurrencée. Cette matière fut alors mélangée à d’autres composants, pour produire des balles soit plus dures, soit plus molles, mais leur incidence sur le marché resta marginale. Au fil des ans, la balle en gutta-percha ne cessa de s’améliorer, et de l’apparition de moules gravés à l’intérieur élimina définitivement le martelage à la main.

De nombreux fabricants investirent alors le marché, proposant différents modèles de balles ornées de motifs variés. Les balles flottantes furent à leur tour commercialisées. Parfaitement conçues pour les eaux calmes, elles ne pouvaient en revanche être utilisées sur les rivières. De nouvelles améliorations permirent par la suite aux joueurs de pouvoir essayer et tester leur balle pendant six mois. Ce laps de temps était censé enrayer le phénomène de fragmentation, un problème dont souffrait la balle depuis son origine. Une règle fut d’ailleurs édictée en ce sens : <Si la balle se désagrège en plusieurs parties, une autre balle peut être déposée là où repose la plus grosse partie. >

Les balles en gutta-percha usagée étaient souvent restaurées par de jeunes artisans golfeurs, qui ne pouvaient pas toujours permettre de leur remplacer. Pour les remodeler, on portait à ébullition les anciens morceaux jusqu’à ce que le mélange soit fluide. Avec des gants en cuir, il était possible de rouler à la main les blocs de gutta-percha ou de les remplacer entre deux planches.

Pour les empêcher de coller, on ajoutait au mélange de l’huile de lin. L’opération se poursuivait jusqu’à l’obtention d’une sphère plus volumineuse que le modèle définitif, car en séchant, les balles se rétrécissaient. Quelques semaines plus tard, elles pouvaient être peintes.

Jusqu’au tournant du siècle, la balle dure en gutta-percha domina le marché, mais fut ensuite remplacée par un modèle à noyau en caoutchouc, crée aux Etats-Unis.

Coburn Haskell, en association avec la Goodrich Tyre & Rubber Company, fut à l’origine de cette nouvelle balle, composée de plusieurs mètres d’élastique entourant un noyau central en caoutchouc dur, de la taille d’une bille, puis recouverte enfin d’une couche de gutta-percha.

Les premiers temps, elle suscita cependant une certaine méfiance, car en dépit de sa fermeté, elle n’était pas aussi dure que celle en gutta-percha. Pourtant, la plupart des joueurs appréciaient sa souplesse qui permettait de l’envoyer très loin.

En 1902, Alex  Herd remporta l’Open avec une balle conçue par Haskell, et, dès lors, les plus grandes entreprises se disputèrent le marché pour produire des millions de modèles identiques. La plupart des firmes britanniques et américaines de pneus et de caoutchouc orientèrent alors leur activité dans la fabrication de balles de golf, tout comme de nombreux fabricants de télégraphes et de câbles.

La balle en noyau en caoutchouc révolutionna l’industrie du golf. Vers 1910, plus de 150 marques envahirent le marché, bien que les balles en gutta-percha soient toujours commercialisées par la Silvertown Company, pour les adeptes de ce modèle.

D’autres matériaux que le caoutchouc furent testés pour former le cœur de la balle, noyaux solides et liquides, à roulements à billes ou en mercure. Elle fut également recouverte de matières différentes, telles que la ronce sauvage, ou ornée de motifs variés en forme de maille, de treillage, d’alvéoles et de stries triangulaires.

Malgré tous ses avantages, cette nouvelle balle entraîna divers aménagements sur les links et les parcours. Les trous durent être rallongés, ou les départs reculés, et de nombreux obstacles, principalement les bunkers, furent avancés sur les fairways.

La matière de l’enveloppe changea également, la gutta-percha étant désormais remplacée par la balata, une gomme rigide extraite d’un arbre tropical et utilisée dans l’industrie pour la fabrication des courroies, des joints et des tuyaux.

En 1912, la Dunlop 31, la première de ces balles lourdes et fermes, arriva sur le marché, et ses nouvelles qualités permirent aux golfeurs de l’envoyer plus loin qu’auparavant.

 

Evolution du golf en France

Dans le grand développement mondial du début de siècle, la France est terriblement en retard.

Malgré les efforts de Pierre Deschamps, premier président des golfs de France en 1910, il n’y a que quatre-vingt quinze clubs en 1960 ! Et pourtant c’est en France que se déroule le premier tournoi de golf olympique (Compiègne) où ses joueurs et joueuses brillent sur la scène internationale.

Avec Simone Thion de la Chaume, le golf amateur porte haut les couleurs tricolores. Chez les pros, le grand Arnaud Massy domine le paysage. Vainqueur du British Open 1907, il sera douze fois dans le palmarès. Garaialde lui succède dans les années 60 (il bat notamment Jack Nicklaus en Suède !) avant une nouvelle longue éclipse.

Le « boom du golf » dans les années quatre-vingt est un curieux phénomène. Un mélange d’effet de mode (municipalités), et de désir de profits. Le tout avec une étonnante absence de sérieux sur la prise d’informations, notamment de la part des banques.

Le nombre de parcours explose et va dépasser les cinq cents. Le nombre de pratiquants a cru à toute vitesse en chiffres relatifs (+25% en 1987)-ce qui a dopé le marché- mais lentement en chiffres absolus.

Le pari français est unique : les parcours existent, reste à créer les golfeurs pour jouer dessus. Le rattrapage du décalage s’opère depuis. Il est toujours en cours…

L’initiative de Jean Pierre Peugeot qui crée les bases du golf d’entreprise à Sochaux n’est pas copiée avant de très longues années. La démocratisation du golf finit par s’opérer grâce à la baisse des tarifs enregistrée après le boom du golf. Le jeu de l’offre et de la demande ouvre le golf à une pratique moins BCBG. Malgré une réelle et continue progression, la France ne compte toujours que deux cent soixante dix mille licenciés, moins que l’Allemagne ou la Suède. La marge de manœuvre est grande : seuls 4,48 Français sur mille jouent au golf, moins qu’en Autriche, aux Pays-Bas ou au Danemark et à des années lumière du Canada (159,7 sur mille !).

Et la loi sur les trente-cinq heures pourrait doper la pratique du golf en France dans les prochaines années…

 

Les premières archives du golf nous montrent qu’il y avait des fabricants de clubs dès le XVème siècle. Mais comme il y avait peu de joueurs et que les villages de l’Est de l’Ecosse où l’on jouait avaient de mauvais moyens de communication, très rares étaient les fabricants à plein temps, si tant est qu’il y en ait eu. La  plupart des clubs de golf étaient sans doute fabriqués par des amateurs locaux plein d’enthousiasme. Lorsque le roi et sa cour se mirent à jouer au golf, le commerce des clubs commença à se développer. La cour voulait des clubs de la meilleure qualité et était prête à les payer au prix fort.

Les clubs en bois

Jusqu’en 1920, tous les clubs sans exception, avaient un manche en bois et l’on ne parlait de <clubs en bois> que lorsque la tête aussi était en bois. Les artisans qui les fabriquaient étaient appelés clubmakers. Les fabricants de canne à pêche et d’arc avaient une connaissance approfondie des propriétés élastiques des différents bois, ce qui leur permirent d’être les premiers à se lancer dans la manufacture de clubs.

Les références aux fabricants de clubs deviennent plus nombreuses au XVIIIème siècle. Beaucoup d’entres eux fabriquent également des balles de golf. Les Dickson, de Leith, près d’Edimbourg, restent parmi les plus fameux, surtout grâce à John Dickson. Dans  la première partie du XVIIIème siècle, on relève également les noms de George et Henry Milne, fabricants de clubs et de balles à St Andrews, et d’un certain David Dick, de la même ville. Une lettre de 1735 parle d’Andrew Bailey, qui fabriquait les clubs à Bruntsfield. Plus tard dans le siècle, on cite Thomas Comb, également de Bruntsfield, qui fabriquait des clubs et tenait un pub servant de clubhouse de la ville. Les factures de chargement du port de Leith nous montrent l’importance qu’avait acquise au XVIIIème siècle, en Ecosse, la fabrication de clubs et de balles.

Le XIXème siècle voit l’épanouissement de l’art de fabriquer des clubs. Jusque vers les années 1870, six familles se partagent l’essentiel de la fabrication de clubs de golf : les Mac Ewan de Leith et, plus tard, des environs de Musselburg ; les Forgans de St Andrews ; les Patrick de Leven, dans le Fige ; les Morisse de St Andrews ; les Park de Musselburg ; les Dunn de Berwick. D’autres artisans, cependant acquièrent une certaine notoriété : Simon Cossar de Leith ; Hugh Philip (1782-1856) de St Andrews ; John Jackson (1805-1878), de Perh.

Ils étaient les maîtres-artisans reconnus du métier, qui fabriquaient leurs clubs entièrement à la main, aidés d’apprentis. Leurs œuvres sont aujourd’hui des pièces de collection recherchées. Mais à la fin du siècle, seuls les Patrick et les Forgan étaient encore en activité. Les maîtres-artisans avaient été chassés par la production en chaîne, rendue nécessaire pour satisfaire les demandes d’un nombre de plus en plus grand de pratiquants.

Jusqu’en 1900, la tête d’un club en bois était fixée au manche au moyen d’une longue enture, technique utilisée depuis longtemps par les charpentiers de navire pour réparer les mâts et les espars. Les fabricants de clubs appelaient cela un assemblage à mi-bois et les clubs ainsi composés étaient dits à entaille. L’assemblage tenait avec de la colle et de la ficelle. Au bout du manche, la prise était faite de fine peau de mouton que l’on épaississait avec des couches de tissu. Avant 1820, les manches des clubs étaient en frêne, puis on utilisa le noyer, découvert dans le Sud des Etats-Unis, pour sa plus grande solidité. On protégeait le club des intempéries en l’enduisant d’une substance spéciale dont on ne connaît pas la composition, remplacée après 1830 par le vernis.

Les clubs étaient plus longs que ceux de maintenant (113cm), et étaient très souples. La tête était longue (10-12cm) et étroite (4-5cm) et la face du club épaisse de 2,5cm, était joliment courbée au bout, ce qui la rendait concave. Une bande de corne de bélier insérée dans la semelle du club, où elle était maintenue par de la colle et trois petites chevilles, protégeait le bois et l’empêchait d’être tailladé. Quand la corne était usée, on la remplaçait. Cette technique est probablement très ancienne, car on n’a jamais découvert de club sans corne. On continua à fabriquer des clubs de ce type jusqu’en 1880.

Pendant la première moitié du XIXème siècle, un jeu de clubs était composé de clubs en bois, sauf un qui était en fer. Les clubs en bois étaient utilisés aux départs, et tous les coups jusqu’aux greens étaient effectués avec des spoons longs, moyens ou courts. Progressivement, les clubs purent donner de la hauteur à la balle. Le putter, également en bois, était utilisée pour des coups jusqu’à 100 mètres et plus. Le baffing spoon, utilisé principalement pour élever la balle, était essentiel pour jouer des coups d’approche. On frappait le sol juste avant de rentrer en contact avec la balle, ce qui propulsait celle ci en l’air. Un joli coup pour des mains habiles, mais la longueur était difficile à contrôler.

On utilisait aussi souvent le niblick, un club plus court de tête que les autres et fréquemment équipé d’un morceau de cuivre sur la semelle pour la protéger des cailloux. On le prenait dans des situations où les autres clubs ne pouvaient être utilisés normalement, c’est-à-dire quand la balle se trouvait dans une position difficile, par exemple dans un petit creux de terrain.

 

On n’avait recours au club en fer, qui pouvait aisément pulvériser une balle de plume trois fois plus cher que le club lui-même, que dans des situations désespérées : pour sortir d’un bunker, d’une ornière ou d’une zone de cailloux, opérations qui auraient endommagé un club en bois. Avec l’apparition, vers 1850, de la balle en gutta-percha, moins fragile, le nombre de clubs en fer augmenta, aux dépens des clubs en bois. On trouvait plus facile d’effectuer les coups en hauteur avec des fers qu’avec des bois, et le baffing spoon fut relégué au grenier. En outre, les nouvelles balles dures endommageaient la face des clubs en bois, et les clubs coûtaient maintenant plus cher que les balles.

 

En 1880 intervint un changement dans la forme de la tête des clubs. Elles devinrent plus courtes (5-9 cm) et plus larges (6-7,5 cm), mais avec des faces plus épaisses (3,2 à 3,8)cm. Le plus curieux était que les faces de club étaient maintenant convexes, bombées vers l’avant. Ces nouveaux clubs étaient aussi plus courts que les anciens.

 

En 1900, on utilise un nouveau bois pour les têtes et une nouvelle méthode de fixation aux manches. De même que le noyer était le meilleur bois pour les manches, on s’était rendu compte que le plaqueminier, un bois très dur qui venait aussi des Etats-Unis, était le meilleur pour les têtes. Et au lieu de  fixer la tête aux manches à l’aide d’une enture, on perça un trou dans la tête pour y insérer le manche, de la même façon qu’on fixait le manche d’un club en fer à sa tête. Ce procédé allait faciliter la fabrication à la machine. Le savoir-faire américain s’en mêla et, pour l’année 1902, les Etats-Unis exportèrent 100000 clubs de golf vers la Grande-Bretagne. Les têtes de clubs étaient grossièrement terminées, les professionnels n’avaient plus qu’à les polir et à y mettre leur nom. L’ère des artisans était close.

 

Les clubs en fer

 

Experts dans le travail du bois, les anciens fabricants de clubs ne connaissaient rien au travail du métal. Au temps de la balle de plume, lorsque l’on avait besoin de peu de clubs en fer, ils demandaient aux forgerons de leur faire des têtes en métal et les fixaient eux-même aux manches en les emboîtant. La fabrication de la tête était un travail délicat exigeant un artisan habile.

 

Powered by WordPress | Theme: Millereau-Bourgeon- by golftiming.