Les premières archives du golf nous montrent qu’il y avait des fabricants de clubs dès le XVème siècle. Mais comme il y avait peu de joueurs et que les villages de l’Est de l’Ecosse où l’on jouait avaient de mauvais moyens de communication, très rares étaient les fabricants à plein temps, si tant est qu’il y en ait eu. La  plupart des clubs de golf étaient sans doute fabriqués par des amateurs locaux plein d’enthousiasme. Lorsque le roi et sa cour se mirent à jouer au golf, le commerce des clubs commença à se développer. La cour voulait des clubs de la meilleure qualité et était prête à les payer au prix fort.

Les clubs en bois

Jusqu’en 1920, tous les clubs sans exception, avaient un manche en bois et l’on ne parlait de <clubs en bois> que lorsque la tête aussi était en bois. Les artisans qui les fabriquaient étaient appelés clubmakers. Les fabricants de canne à pêche et d’arc avaient une connaissance approfondie des propriétés élastiques des différents bois, ce qui leur permirent d’être les premiers à se lancer dans la manufacture de clubs.

Les références aux fabricants de clubs deviennent plus nombreuses au XVIIIème siècle. Beaucoup d’entres eux fabriquent également des balles de golf. Les Dickson, de Leith, près d’Edimbourg, restent parmi les plus fameux, surtout grâce à John Dickson. Dans  la première partie du XVIIIème siècle, on relève également les noms de George et Henry Milne, fabricants de clubs et de balles à St Andrews, et d’un certain David Dick, de la même ville. Une lettre de 1735 parle d’Andrew Bailey, qui fabriquait les clubs à Bruntsfield. Plus tard dans le siècle, on cite Thomas Comb, également de Bruntsfield, qui fabriquait des clubs et tenait un pub servant de clubhouse de la ville. Les factures de chargement du port de Leith nous montrent l’importance qu’avait acquise au XVIIIème siècle, en Ecosse, la fabrication de clubs et de balles.

Le XIXème siècle voit l’épanouissement de l’art de fabriquer des clubs. Jusque vers les années 1870, six familles se partagent l’essentiel de la fabrication de clubs de golf : les Mac Ewan de Leith et, plus tard, des environs de Musselburg ; les Forgans de St Andrews ; les Patrick de Leven, dans le Fige ; les Morisse de St Andrews ; les Park de Musselburg ; les Dunn de Berwick. D’autres artisans, cependant acquièrent une certaine notoriété : Simon Cossar de Leith ; Hugh Philip (1782-1856) de St Andrews ; John Jackson (1805-1878), de Perh.

Ils étaient les maîtres-artisans reconnus du métier, qui fabriquaient leurs clubs entièrement à la main, aidés d’apprentis. Leurs œuvres sont aujourd’hui des pièces de collection recherchées. Mais à la fin du siècle, seuls les Patrick et les Forgan étaient encore en activité. Les maîtres-artisans avaient été chassés par la production en chaîne, rendue nécessaire pour satisfaire les demandes d’un nombre de plus en plus grand de pratiquants.

Jusqu’en 1900, la tête d’un club en bois était fixée au manche au moyen d’une longue enture, technique utilisée depuis longtemps par les charpentiers de navire pour réparer les mâts et les espars. Les fabricants de clubs appelaient cela un assemblage à mi-bois et les clubs ainsi composés étaient dits à entaille. L’assemblage tenait avec de la colle et de la ficelle. Au bout du manche, la prise était faite de fine peau de mouton que l’on épaississait avec des couches de tissu. Avant 1820, les manches des clubs étaient en frêne, puis on utilisa le noyer, découvert dans le Sud des Etats-Unis, pour sa plus grande solidité. On protégeait le club des intempéries en l’enduisant d’une substance spéciale dont on ne connaît pas la composition, remplacée après 1830 par le vernis.

Les clubs étaient plus longs que ceux de maintenant (113cm), et étaient très souples. La tête était longue (10-12cm) et étroite (4-5cm) et la face du club épaisse de 2,5cm, était joliment courbée au bout, ce qui la rendait concave. Une bande de corne de bélier insérée dans la semelle du club, où elle était maintenue par de la colle et trois petites chevilles, protégeait le bois et l’empêchait d’être tailladé. Quand la corne était usée, on la remplaçait. Cette technique est probablement très ancienne, car on n’a jamais découvert de club sans corne. On continua à fabriquer des clubs de ce type jusqu’en 1880.

Pendant la première moitié du XIXème siècle, un jeu de clubs était composé de clubs en bois, sauf un qui était en fer. Les clubs en bois étaient utilisés aux départs, et tous les coups jusqu’aux greens étaient effectués avec des spoons longs, moyens ou courts. Progressivement, les clubs purent donner de la hauteur à la balle. Le putter, également en bois, était utilisée pour des coups jusqu’à 100 mètres et plus. Le baffing spoon, utilisé principalement pour élever la balle, était essentiel pour jouer des coups d’approche. On frappait le sol juste avant de rentrer en contact avec la balle, ce qui propulsait celle ci en l’air. Un joli coup pour des mains habiles, mais la longueur était difficile à contrôler.

On utilisait aussi souvent le niblick, un club plus court de tête que les autres et fréquemment équipé d’un morceau de cuivre sur la semelle pour la protéger des cailloux. On le prenait dans des situations où les autres clubs ne pouvaient être utilisés normalement, c’est-à-dire quand la balle se trouvait dans une position difficile, par exemple dans un petit creux de terrain.

 

On n’avait recours au club en fer, qui pouvait aisément pulvériser une balle de plume trois fois plus cher que le club lui-même, que dans des situations désespérées : pour sortir d’un bunker, d’une ornière ou d’une zone de cailloux, opérations qui auraient endommagé un club en bois. Avec l’apparition, vers 1850, de la balle en gutta-percha, moins fragile, le nombre de clubs en fer augmenta, aux dépens des clubs en bois. On trouvait plus facile d’effectuer les coups en hauteur avec des fers qu’avec des bois, et le baffing spoon fut relégué au grenier. En outre, les nouvelles balles dures endommageaient la face des clubs en bois, et les clubs coûtaient maintenant plus cher que les balles.

 

En 1880 intervint un changement dans la forme de la tête des clubs. Elles devinrent plus courtes (5-9 cm) et plus larges (6-7,5 cm), mais avec des faces plus épaisses (3,2 à 3,8)cm. Le plus curieux était que les faces de club étaient maintenant convexes, bombées vers l’avant. Ces nouveaux clubs étaient aussi plus courts que les anciens.

 

En 1900, on utilise un nouveau bois pour les têtes et une nouvelle méthode de fixation aux manches. De même que le noyer était le meilleur bois pour les manches, on s’était rendu compte que le plaqueminier, un bois très dur qui venait aussi des Etats-Unis, était le meilleur pour les têtes. Et au lieu de  fixer la tête aux manches à l’aide d’une enture, on perça un trou dans la tête pour y insérer le manche, de la même façon qu’on fixait le manche d’un club en fer à sa tête. Ce procédé allait faciliter la fabrication à la machine. Le savoir-faire américain s’en mêla et, pour l’année 1902, les Etats-Unis exportèrent 100000 clubs de golf vers la Grande-Bretagne. Les têtes de clubs étaient grossièrement terminées, les professionnels n’avaient plus qu’à les polir et à y mettre leur nom. L’ère des artisans était close.

 

Les clubs en fer

 

Experts dans le travail du bois, les anciens fabricants de clubs ne connaissaient rien au travail du métal. Au temps de la balle de plume, lorsque l’on avait besoin de peu de clubs en fer, ils demandaient aux forgerons de leur faire des têtes en métal et les fixaient eux-même aux manches en les emboîtant. La fabrication de la tête était un travail délicat exigeant un artisan habile.