L’Augusta National Golf Club

Quand les trous d’un parcours ne portent pas le nom de « trou du diable », de « fantômes perdus », ou de « sommet inaccessible », on pourrait croire qu’il sera plus hospitalier que les étendues désolées d’Ecosse ou du Pays de Galles. Et quand on leur donne des noms aussi poétiques que « le cornouiller rose », « le jasmin jaune », « la campanule dorée », « le sapin chinois » ou « le pêcher en fleurs », on est persuadé de respirer dans un Eden hospitalier, en forme de souriant parcours de golf.

Augusta est bien un lieu idyllique, où il vaut mieux être pas trop bon golfeur que champion, si l’on veut y réussir mieux qu’à l’habitude. Un joueur moyen y jouera en général bien en dessous de son handicap, ce qui démontre bien la réussite des intentions de ses créateurs, qui voulaient en faire un parcours difficile pour le grand joueur, mais facile pour les golfeurs du dimanche.

A l’origine, il n’y avait pas plus de 25 bunkers, il en est aujourd’hui une cinquantaine, les fairways sont larges, au point que l’on cherchera souvent la présence d’un rough, et les greens sont très vastes. De plus, la qualité de l’herbe et de l’entretien sont tels que la balle y est toujours bien portée, à moins de se trouver dans « divot » non remis en place, mais c’est un crime à Augusta d’être aussi négligent !!

Au commencement était Robert Tyre Jones dit « Bobby » Jones, qui domina avec insolence et génie la scène du golf de 1922 à 1930 (cf biographie). Ayant gagné tout ce qu’un grand joueur pouvait gagner, il prit sa retraite au sommet de son art.

Mais il n’abandonne pas le golf pour autant. Un ami banquier de New York, Clifford Roberts, attire son attention sur une propriété de 150 hectares à Augusta, non loin de sa ville natale d’Atlanta. C’est la première pépinière du Sud des Etats-Unis, « Fruitlands Nursery », dont la situation économique est assez catastrophique. A un prix défiant toute concurrence, les deux amis achètent la propriété, et engagent le grand architecte Alister MacKenzie, auteur notamment de Cypress Point, pour dessiner un parcours de 18 trous.

Augusta National sera un parcours de championnat. Le premier golf prévu pour les championnats : non seulement pour les joueurs mais aussi pour le public. A cet effet, des points d’observation, des « gradins naturels » ont été disposés le long des fairways, et autour des greens, afin de faciliter la vue, et la compréhension du jeu. Voici donc l’ancêtre des « stadiums golfs », conçus pour le jeu et le spectacle et dont le Golf National sera le premier exemple en Europe Continentale, après que St Mellion ait été le premier en Grande-Bretagne.

Bobby Jones, fin connaisseur des choses du golf, des renversements de situation dans un grand championnat, établit comme principe que la plus mauvaise façon de suivre un tournoi étant de suivre un groupe de joueurs pendant 18 trous, mieux vaut permettre aux spectateurs de les attendre tous au coin d’un bois, en quelque lieu statégique, où vont être joués les coups décisifs, et vraisemblablement l’issue du tournoi.

Notamment, des buttes permettront aux spectateurs de dominer le green du 15, et le 16 (par 3) dans son intégralité. C’est au 15 que Gene Sarazen signa son historique albatros en 1935, c’est au 16, en 1962 que Arnold Palmer rentra un chip pour aller ensuite gagner le Masters en play-off, c’est au 16 que Nicklaus gagna son premier Masters en 1963. En 1986, le vieil Ours blond signa un eagle au 16, couronnant une charge fabuleuse, qui fait partie maintenant de la grande histoire du golf tout court.

 

Saint Andrews

Dés l’origine en Ecosse, même si plus tôt dans l’histoire ce jeu avait effectivement été pratiqué par toutes les couches de la population, le golf fut un art de vivre pour des personnages initiés, du plus haut niveau social. En fait, la pratique du jeu était, elle, assez largement répandue parmi les habitants de la côte Est de l’Ecosse.

Depuis toujours, la plupart des parcours furent publics en ces lieux, et réellement ouverts à tous puisque aucune barrière ne les cernait. Bien souvent même, on y pénétrait par n’importe quel côté et l’on se croisait joueusement d’un trou à l’autre, sans souci réel d’ordre.

Les gentlemen Golfers de St Andrews, pas encore constitués sous le sigle du Royal & Ancient puisque cette appellation leur sera accordée en 1834 par le roi Guillaume IV, tinrent tous leurs meeting, deux fois par mois, à l’auberge de Ballie Glass. Ce n’est que vers 1850 que fut construit et aménagé l’actuel clubhouse qui se dresse maintenant devant le départ du trou numéro 1 de l’Old Course.

A St Andrews, dés 1780, fut édicté un règlement décrivant l’uniforme des membres du club. Il consistait essentiellement en une veste rouge avec des boutons jaunes. En cas de mauvais temps, on portait également une casquette rouge. C’était la couleur la plus vive qui puisse se détacher sur le vert des parcours et permettait de repérer de loin un joueur.

L’Old Course de St Andrews restera à tout jamais le célèbre parcours du monde. C’est un golf public pouvant accueillir n’importe quel golfeur quel que soit son club ou son pays d’origine. Il semblerait que le premier joueur ait inauguré le parcours en 1552.

Saint Andrews est aussi un lieu historique puisque c’est en 1754 qu’y furent élaborées les premières règles ( cf les Règles de Golf). On y joua le premier Open en 1873.

C’est un parcours exceptionnel où la nature façonna les links à son idée. L’homme n’avait plus qu’à rajouter les bunkers et entretenir le parcours autour des trous .

L’une des particularités de ce magnifique golf est que 14 que des 18 trous se partagent les greens et les fairways. Seuls les trous 1, 9, 17 et 18 possèdent leur propre green. Le parcours d’une longueur de 6400 mètres, est composé de nombreuses bosses, vallons, descentes et montées. Le golfeur qui veut se battre efficacement contre le parcours doit tenir compte du vent qui est facteur important, comme sur tous les parcours de la côte est écossaise.